De la nécessité du Lien – Réveillez-vous!

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On veut un chien pour ses enfants, pour les câlins, parce qu’il fait partie de l’image que nous nous faisons du bonheur et de la famille… On rêve de le voir courir dans le jardin, nous accompagner lors de futurs pique-nique estivaux, faire des « câlins tout doux » sur le canapé, le soir, devant la télé…

Parfois, c’est vrai, cela marche. Max est adorable, il se plie facilement à nos bonnes volontés et le tableau est … parfait.

80 % des morsures ont lieu dans l’environnement familial.

Ces 80 % de morsures sont dirigées vers un membre de cette famille (vous), ou un proche bien connu du chien (le petit Maël, votre neveu de 10 ans). Nous sommes bien loin de la défense du chien contre le cambrioleur, ou tout autre étranger malfaisant.

Alors, ça veut dire quoi ?

Que le choix de la race que nous faisons est rarement adapté, oui. Nous l’avons déjà abordé dans les articles « mythe et réalité dans le choix d’une race » et « pourquoi des fiches races ».

Que les enfants ne sont pas aptes, trop jeunes, à déceler les demandes d’arrêts du chien, oui.

Cela signifie également, et c’est de ceci dont nous parlons aujourd’hui, que bien souvent (trop souvent), nous ne prenons pas en considération l’ampleur de la nécessité du Liend’un sincère, profond et du coup indestructible Lien.

Parce-que nous avons gardé en tête l’image du chien de nos parents ou grands-parents gambadant dans sa ferme, nous imaginons que gîte et couvert suffisent à nos compagnons. Quelques caresses et mots doux, un bout de fromage ou de jambon à la fin du repas que nous conservons juste pour lui (il aime tellement le jambon), et nous voilà persuadés que loulou est aux anges, et cela nous va bien.

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          80 % des morsures ont lieu dans la famille

Je ne me contente pas que mon compagnon (humain j’entends) me fasse à diner. Je ne me contente pas qu’il me grattouille la tête quand je suis restée « sage », immobile. D’ailleurs, je n’aime pas rester immobile. Je veux qu’il me comprenne, qu’il me respecte, qu’il partage avec moi un tas de choses et d’activité que j’aime moi ; la femme, la personne. Et parce qu’il fait tout cela pour moi, je le fais pour lui. Et c’est en cela que nous sommes complices, depuis le début, depuis des années, sans conflits et pour la fin de nos vies. Vous voyez où je veux en venir ?

Nous ne prenons pas en considération l’ampleur de la nécessité du Liend’un sincère, profond et du coup indestructible Lien.

Lorsqu’il arrive à la maison, du haut de ses deux mois, notre compagnon n’a cure des humains. L’homme est au mieux un bon mécène, au pire un danger et dans les deux cas il reste un « autre », un étranger avec qui il cohabite plus ou moins. Même dans les meilleures conditions d’élevage (professionnel ou familial), qui lui aurai permis une familiarisation à l’homme optimale, le chiot ne créé aucun Lien avec les humains qui l’entoure.Sa préférence va à sa fratrie, aux siens. Ses référents vont à maman, papa, l’oncle Jerry du box à côté, et toute sa bande de frangins et frangines.

Vous, et vous seuls êtes responsable de la suite. De ce fameux Lien que vous allez construire, ou ne pas construire. De sa qualité, sa richesse – pour maintenant et tout au long de sa vie. On vous a dit – je vous ai dit – que pour survire et apprendre, petit chiot créé un « second » (post-maman) lien d’attachement avec vous. Ceci est naturel, mais pas systématique. Pas sans rien faire.

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                 Sa préférence va à sa fratrie, aux siens

Pour la plupart, ce n’est pas difficile, mais le Lien que vous avez tissé peut se briser et les chiots grandissent, et commencent à faire des bêtises que l’entourage et l’extérieur n’apprécie plus. Un bébé qui saute sur vous dans la rue, c’est a-do-rable. Un grand loulou de 25 kilos, c’est beaucoup moins adorable. Alors, on l’attache, on ne le sort plus, on l’exclu dans le jardin ou le garage.

Progressivement et à mesure que s’intensifie la frustration du chien (de ne plus se balader, d’avoir toujours cette maudite laisse, d’être isolé…) s’intensifient à la fois les mauvais comportements et votre déception, votre colère, votre fatigue et autres émotions négatives.

L’homme est au mieux un bon mécène, au pire un danger et dans les deux cas il reste un « autre », un étranger avec qui il cohabite plus ou moins

Le fossé se creuse, encore et encore… oui mais pourquoi agit-il ainsi ? Pourquoi n’écoute-t-il pas ? Tout serai plus simple ! Et en plus il est chéri, pourquoi ne m’aime-t-il pas ?

Le chien – votre chien – est un animal social. Tout comme vous, il aime partager, jouer ; il aime être compris et respecté. Il est bien loin du chat solitaire, ou de la paisible vache. Il veut compter pour vous et surtout sur vous. Il réclame bien plus que panière confortable (la plupart du temps il s’en fout) ou petits dés de fromage (il mangerai les selles du chat !). Point besoin de clôture lorsqu’on a le Lien ; il n’y a de fugueurs que chez les chiens qui s’ennuient, et désespèrent de voir venir le temps pour lui.

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     Votre chien est loin de du chat solitaire, ou de la paisible vache.

Oui, mais il n’écoute pas !

Mais pourquoi écouterai-t-il ? et déjà, comprend-il ?

Un peu de cohérence et de technique est nécessaire pour éduquer un chien : il ne suffit pas de commander « assis » pour qu’il s’assoit, ni « tu te calme », pour qu’il se calme. Il ne suffit pas de le vouloir pour qu’il ne mette pas son nez dans les parties intimes des invités – après tout, cela n’a rien d’anormal pour lui.

Il ne suffit pas de dire, de vouloir … ou d’aimer. Ah, si l’amour suffisait ! Suffit-il dans votre couple ? Suffit-il à vos enfants ?! Mon conjoint prend soin de moi, et nous prenons soin de nos enfants. Nous apportons à l’un le soutien et aux autres … l’éducation. Nous les inscrivons à l’école, leur apprenons à se conduire, les poussons dans les voies qui leur ressemblent et les épanouissent. Un parent absent, violent ou injuste est aimé, oui, mais pas respecté. Pourquoi le serait-il ?

Votre chien est pareil. Arraché à sa famille, aux siens qu’il comprend et qui le comprenne, il n’a que vous pour s’adapter. Il n’est pas réfractaire à bien se comporter, vous ne lui avez simplement pas correctement expliqué… et vous ne l’avez probablement pas Respecté.

Que dois-je faire ?

Partagez ! Commencez donc par l’observer. Il est anormal de constater le peu de gens qui regardent leur chien. Prenez cette scénette classique que l’on croise souvent en ville : une dame promène, laisse à enrouleur (of course) à la main trainant à son crochet un chien tétanisé par l’extérieur, freinant des quatre fers tantôt pour vite rentrer dans le seul univers qu’il connait (maison), tantôt pour expulser son trop plein de stress via des besoins dégoulinants… madame ne voit rien, ne sent rien, n’écoute rien. Elle continue son chemin coûte que coûte et vaille que vaille. Chacun pour soi.

Point besoin de clôture lorsqu’on a le Lien ; il n’y a de fugueurs que chez les chiens qui s’ennuient, et désespèrent de voir venir le temps pour lui.

Votre chien vous parle, écoutez-le – et sans faire le tri. Tout chien aime jouer, se bagarrer, se rouler dans la boue avec les copains, tout chien aime renifler les fesses de son voisin, expérimenter, courir à pleine balle dans la forêt. Un chien aime réfléchir, se mettre au défi… et tout ça… accompagné.

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             Dormir….. n’est pas la seule activité du chien.

Dormir, fuguer, comater 20 heures par jour, refuser les échanges avec ses semblables, courir bêtement après une balle 10 minutes par jour et rentrer, tout ceci n’est pas normal.

En promenade (quotidienne, et pas juste « sanitaire »), parlez à votre chien. Intéressez-vous à ce qui l’intéresse, proposez-lui des jeux intelligents qui mettent à profit tout son potentiel. Permettez lui d’apprendre, d’être fier de lui. Offrez-lui une existence riche, palpitante, une existence où vous seriez tout deux complices. Sainement, sans dépendance douloureuse. Devenez son repère, pas sa cachette. Devenez le portail qui lui fait tant envie.

Le Lien se brise, mais se répare. Il n’est jamais trop tard : il n’attend plus que vous. Sortez votre ti loup de son sommeil sans fin, le temps de laisser passer le temps est révolu. Rappelez-le de là où il se trouve, et rejoignez-le.

Point besoin de l’humaniser, votre Chien est un Chien et c’est cela qui est merveilleux.